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CONSERVATION DES PARCELLES, EXPLOITATION FORESTIERE ET PERSPECTIVES

Publié le 23 Avril 2013 par alfredolloza

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CONSERVATION DES PARCELLES, EXPLOITATION FORESTIERE ET PERSPECTIVES

Les recommandations habituellement mises en ligne concernant les ilots de conservation des nids de la Cigogne noire sont issues de secteurs où l' exploitations des feuillus est réalisée le plus souvent par des coupes d'éclaircies ou de régénération.

Cette exploitation est  progressive car on ne réalise pas le peuplement d'un seul coup.

L’exploitation "totale" dans les secteurs de résineux tend à devenir la règle dans le Centre-Ouest comme on le constate. Des éclaircies peuvent aussi être parfois réalisées dans ces derniers types de boisements.
Pour préserver un nid il y a lieu de conserver un bouquet intact à proximité du nid avec exploitation 'atténuée' dans le périmètre plus lointain. Si la parcelle est de grande taille cette conservation du bouquet est envisageable avec un propriétaire coopératif. Sur des petites surfaces cela peut s'avérer plus problématique.

En dehors de la période de reproduction, il est parfois malheureusement impossible de conserver intégralement la parcelle, ce qui reste bien sûr la formule à rechercher dans tous les cas. L'absence de conservation intégrale de la parcelle risque toujour d’affecter le maintien de l’occupation du nid par la suite, ce qui reste le but recherché. La conservation porte un secteur de reproduction qui doit être considéré comme répondant aux exigences de l'espèce (qualité et proximité des sites de gagnage, tranquilité...). En Touraine, plusieurs exemples d'exploitation forestière dans les parcelles voisines semblent avoir provoqué le déplacement du couple vers de nouveaux sites. Les alternatives en terme de sites potentiels de reproduction doivent pouvoir être dénombrées. La raréfaction de ces alternatives lors de la réalisation des inventaires de terrain rend en effet très problématiques ces relocalisations.

Dans ce cas regrettable d'impossibilité de conservation étendue, aucun arbre dans un rayon de deux fois la hauteur du peuplement ne doit être coupé car cela évite des dégâts directs au nid à l'abattage d'un arbre mal dirigé et cela préserve un minimum de paysage à proximité du nid soit environ 7 ha. Le nid étant occupé et l'exploitant prévenu il ne peut couper au risque de faire échouer la nidification, code de l'environnement (dérangement intentionnel). Le périmètre à conserver pour la suite dépend de la densité du peuplement qui "bouche" le paysage aux abords du nid.Cette perméabilité paysagère peut varier de 50m à 100-150 mètres voir plus. Un cercle d'un rayon de 300 m doit être recherché soit environ 30 hectares. On préconise donc un périmètre à 300 m à ajuster au niveau de chaque nid avec l'expert Cigogne noire local. Ce périmètre est plus sensible en début de période de reproduction que par la suite quand les poussins sont seuls au nid. Chaque cas est différent et doit être apprécié en fonction des interlocuteurs et du dénombrement d’arbres porteurs potentiels dans le secteur de reproduction considéré (rayon de 2 à 3 km).

Pour le plus long terme, l’idéal serait au moment de l’élaboration des Plans simples de gestion (P.S.G.) d’avoir une information à apporter aux propriétaires sur les potentialités de présence de la Cigogne noire. Même si la présence de ces espèces n’est pas avérée au moment de l’information/diagnostic des P.S.G., on peut raisonner en terme d’accueil possible au regard des éléments forestiers présents. C’est un peu dans l’esprit de la mise en place de l’IBP (indice de biodiversité potentielle) par le CRPF en contexte forestier pour une gestion durable des forêts.

On peut trouver des précisions concernant l’IBP ou Indice de Biodiversite Potentielle dans l’article:

« L’ IBP,un indicateur composite pour intégrer la diversite taxonomique ordinaire dans la gestion forestiere » de Laurent Larrieu* et Pierre Gonin**

*Institut national de la recherche agronomique (INRA)

**Centre national de la propriété forestière (CNPF) - Institut pour le développement forestier (IDF)

http://www.gip-ecofor.org/doc/drupal/Indicateurs.pdf (p.73 et suivantes)

(remerciements à Paul Brossault et à Olivier Riquet pour leurs éclairages et à Alban Larousse pour ses croqui

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